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Le samedi 7 mars 2026 pourrait marquer un tournant irréversible dans l’histoire politique du pays. Lors de la première assemblée générale de la coalition « Diomaye Président », le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye a officialisé les nouveaux statuts de son bloc politique, affirmant ainsi ses propres ambitions en dehors du cadre du Pastef, le parti dirigé par Ousmane Sonko.
L’unité affichée par le duo au pouvoir au Sénégal semble avoir volé en éclats. Entre réorganisations politiques unilatérales et menaces de démission, le fossé n’a jamais été aussi profond entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre, Ousmane Sonko.
Une fracture institutionnelle et politique
Cette démonstration de force présidentielle intervient après des mois de tensions sourdes. Le point de rupture semble s’être cristallisé autour de la direction de la coalition. Le Pastef a publiquement désavoué la décision du président de démettre la coordinatrice Aïda Mbodj et a rejeté la nomination d’Aminata Touré à ce poste.
Pour les cadres du Pastef, Bassirou Diomaye Faye n’était que le candidat de la coalition en 2024 et n’a pas la légitimité juridique pour réorganiser les structures sans concertation.
Menaces de démission et guerre de succession
Face à ce qu’il perçoit comme une dérive, Ousmane Sonko a durci le ton. Le Premier ministre a menacé de retourner dans l’opposition avec son parti et de démissionner du gouvernement si le chef de l’État s’éloigne davantage de la ligne originelle du Pastef.
Plusieurs analystes voient derrière cette brouille le début précoce d’une guerre de succession. Alors que le pays fait face à des défis économiques majeurs, notamment le remboursement d’une dette internationale massive en 2026, cette crise au sommet de l’État fragilise la stabilité gouvernementale.
Un duel de légitimités
Le président Faye, autrefois perçu comme le « plan B » de Sonko, semble désormais vouloir asseoir sa propre autorité présidentielle, tandis que Sonko dénonce le comportement de certains soutiens du président qu’il accuse de vouloir isoler son parti.
Si le chef de l’État a réaffirmé sa fidélité à ses alliés de coalition ce 8 mars 2026, l’absence de concertation avec le Pastef laisse présager une bataille politique lente et stratégique dont le verdict pourrait redéfinir le paysage politique sénégalais dans les mois à venir.