Africa Dev News est un média panafricain d'informations, d'analyses, d'investigations et de publicités, avec un focus sur le Bénin où il est basé.
Au Centre des jeunes amour&vie (Cjav) de l’Université de Parakou, Christian Alokpo, Chargé de la coopération au développement santé à l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas près le Bénin, est allé à la rencontre des jeunes engagés dans la promotion de la santé et des Droits sexuels et reproductifs. Cette visite de terrain a mis en lumière une réalité de plus en plus affirmée. La jeunesse ne veut plus être de simple bénéficiaire des projets, mais un acteur de premier plan dans la construction de son avenir.
La rencontre s’inscrit dans le cadre de la visite de suivi du Projet de promotion de la santé et des droits sexuels et reproductifs (Psdsr2), financé par l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas et mis en œuvre par l’Association béninoise pour le marketing social et la Communication pour la Santé (Abms). Elle a pour objectif d’apprécier les résultats des interventions sur le terrain, d’échanger avec les jeunes issus des associations partenaires, des volontaires Amour et Vie, des organisations de jeunesse ainsi que des responsables universitaires, afin d’identifier les perspectives de consolidation des acquis.
Dès le début de l’après-midi, l’esplanade dudit centre s’est muée en une agora. Volontaires, scouts, membres de l’association Barika et de l’Alliance des professionnels des médias pour la santé au Bénin (Apms-Bénin) y ont fait bloc pour accueillir la délégation dans une ferveur électrique. A travers des chants et des danses, ce n’est pas seulement une effervescence qui s’est improvisée, mais le visage d’une jeunesse soudée, lucide face à ses défis et impatiente d’agir.
Le recteur Sogbossi émerveillé
Cette mobilisation a trouvé un écho favorable auprès du recteur de l’Université de Parakou, le professeur Bertrand Sogbossi. Saluant la qualité de l’engagement observé, il a encouragé les étudiants à poursuivre leurs efforts dans la discipline, le travail et le sens des responsabilités. Pour le premier responsable de l’université, le Centre Amour&Vie de Parakou possède les atouts nécessaires pour devenir une référence parmi les 25 centres installés à travers le Bénin. Une performance durable, a-t-il souligné, permettra d’attirer davantage d’initiatives innovantes au profit des jeunes de la communauté universitaire.
Le grand témoin de cette effervescence, Christian Alokpo, Chargé de la coopération au développement santé à l’Ambassade des Pays-Bas près le Bénin, a écouté, pris des notes et, surtout, vibré à l’unisson de l’assistance. « J’aime beaucoup cette vie et cet enthousiasme que vous dégagez », a-t-il lancé d’emblée, saluant une jeunesse qui donne corps à la vision diplomatique de son pays. Au-delà de la chaleur des mots, le représentant de l’ambassade a profité de cette tribune pour tracer les contours de la future feuille de route des Pays-Bas au Bénin. A travers la stratégie mondiale « Youth at Heart » (La jeunesse au cœur), le Royaume des Pays-Bas souhaite décloisonner ses interventions. L’approche purement médicale ou préventive de la santé sexuelle et reproductive montre parfois ses limites si elle n’est pas adossée à une émancipation économique.
« Nous nous sommes rendu compte qu’il y a beaucoup d’efforts pour promouvoir la Santé sexuelle et reproductive, mais les comportements déviants et certains fléaux persistent », a, en substance, diagnostiqué Christian Alokpo. Sa conclusion est sans appel. L’absence d’ autonomisation, particulièrement pour les jeunes filles, fragilise les campagnes de prévention. C’est ainsi qu’un nouveau cycle de programmation, prévu pour débuter en 2028, est d’ores et déjà en gestation. Ce programme ambitionne d’intégrer l’entrepreneuriat des jeunes et l’autonomie financière comme des remparts directs aux vulnérabilités sanitaires. Une annonce reçue comme une bouffée d’oxygène par l’auditoire.
Le Directeur exécutif adjoint chargé des programmes de l’Abms, Saliou Bouraïma, a réaffirmé la volonté de son organisation à poursuivre le partenariat avec l’Université de Parakou. Pour l’Abms, la consolidation des acquis passe autant par l’amélioration de l’accès aux services de santé que par le renforcement des capacités des jeunes à devenir eux-mêmes des relais de changement au sein de leurs communautés.
Le panel, le grand moment
Le moment le plus attendu de cette rencontre a été le panel consacré au thème « Rôle et responsabilité des jeunes dans la pérennisation des initiatives en santé et droits sexuels et reproductifs ». Modérée par Céline Agbédé, pigiste Amour&Vie à Parakou, cette séquence a réuni Oussamatou Moussa, jeune volontaire du Centre Amour&Vie de Guèma et vice-présidente du Réseau national des Jeunes volontaires Amour&Vie, Lélatou Awali, membre de l’association Barika, Bertrand N’Koué N’Da, acteur communautaire, comptable de l’Université de Parakou et trésorier du Comité local de suivi du Centre Amour et Vie, le Dr Sèmassè, médecin gynécologue-obstétricien à Enabel, ainsi que Christian Alokpo, Chargé de la coopération au développement santé à l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas près le Bénin.
Au fil des échanges, les intervenants ont insisté sur la nécessité de renforcer le leadership des jeunes, de consolider les partenariats locaux et de faire de la santé et des droits sexuels et reproductifs un levier durable d’autonomisation et de développement.
En quittant l’esplanade du Centre Amour&Vie après une visite guidée des installations, la délégation néerlandaise n’a pas seulement constaté l’exécution d’un projet de développement (le Psdsr2). Elle a touché du doigt une réalité vivante, parfois complexe, mais portée par une jeunesse résolue à ne plus attendre que l’avenir s’écrive sans elle. A Parakou, les fondations de 2028 se construisent déjà au présent.